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AUTOUR DE LA NAISSANCE

ET

DE LA PRÉMATURITÉ

 

QUELQUES CHIFFRES
DE LA PRÉMATURITÉ

DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques du Ministère de la Santé)
Études et Résultats n°775, octobre 2011, « La situation périnatale en France en 2010″.

800 000 NAISSANCES / AN

EN FRANCE

Dont 75 000 nouveau-nés hospitalisés


60 000 PRÉMATURÉS

8 % des naissances

Soit 165 bébés par jour
Soit 1 bébé toutes les 9 minutes

+ 15%  

(en 15 ans)

Cette hausse est due à  l'augmentation de l'âge moyen des femmes enceintes, à l'évolution du mode de vie, au recours à la procréation médicalement assistée et à la prématurité induite

 

LA PRÉMATURITÉ

En quelques notions

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DÉFINITION

Une grossesse à terme dure 41 SA soit 9 mois de grossesse.

Est prématurée toute naissance qui survient avant 37 semaines d’aménorrhée (SA) ou 8 mois de grossesse.

On distingue plusieurs catégories de prématurités :

- La prématurité moyenne : naissance entre 32 et 36 SA ( 7 à 8 mois de grossesse) 85% des naissances

- La grande prématurité : naissance entre 28 et 31 SA ( 6 à 7 mois de grossesse) 10% des naissances

- La très grande prématurité : naissance avant 28 SA ( moins de 6 mois de grossesse) 5% des naissances

En France, les différentes recommandations de début de réanimations sont entre 24 et 26 SA pour un poids minimal de 500g.

 

CAUSES

On en distingue 2 :
- La prématurité INDUITE (ou provoquée) : lorsqu'on provoque la naissance pour sauver la mère ou l'enfant
- La prématurité SPONTANEE : conséquence d'une rupture prématurée des membranes ou d'une mise en travail spontanée

La prématurité induite (45% des accouchements avant 33SA) :

- Risques pour l'enfant : Retard de Croissance In Utéro sévère.

- Risques maternels : hypertension maternelle sévère (pré-éclampsie ou éclampsie), infection génito-urinaire ou généralisée, anomalie de l'utérus et du placenta (prævia), hématome rétro-placentaire, diabète maternel.

La prématurité spontanée avec apparition de contractions ou de rupture des membranes provoquant une mise en travail précoce.

Il existe certains facteurs favorisant : des conditions socio-économiques défavorables, un âge maternel avancé (ou précoce), le stress, le tabac, les grossesses multiples (1/3 des enfants prématurés)...

Parfois, on ne réussit pas à en déterminer la cause.

 

CONSÉQUENCES

De nombreuses immaturités à accompagner, des risques de séquelles sur le long terme et parfois des décès

  • Les immaturités :

- Du système nerveux central

Des étapes essentielles à son développement cérébral se produisent en effet entre la 24e et la 32e semaine de gestation. On peut donc observer entre autres des pauses respiratoires (apnées), des ralentissements cardiaques (bradycardies), des absences de coordination succion/déglutition/respiration, des soucis de régulation de sa température...

On surveille l'évolution cérébrale par IRM, Échographie TransFontanellaire et Électro-EncéphaloGramme.

- Pulmonaires :

Chez les prématurés, les poumons ne produisent pas encore le surfactant, substance qui tapisse la surface des alvéoles pulmonaires et permet leur bon fonctionnement.

Ils ont donc besoin d'une assistance respiratoire et d'une injection de ce surfactant via la sonde d'intubation.

On leur donne aussi de la caféine pour lutter contre les pauses respiratoires et on surveille les risques de Dysplasie Broncho-Pulmonaire (DBP : inflammation et hyper réactivité bronchique).

On surveille leur oxygénation grâce au capteur de saturation, relié au scope.

- Immaturité cardio-respiratoire :

Des ralentissements de la fréquence cardiaque sont fréquents chez le prématuré, en raison de l’immaturité du système de contrôle du rythme cardiaque. Il existe aussi chez le fœtus un canal qui laisse communiquer l’aorte et l’artère pulmonaire pendant la vie fœtale. Ce canal s’obstrue spontanément et définitivement à la naissance. Mais chez le prématuré, il tarde à se fermer et peut entrainer un reflux de sang vers le poumon.

Dans ces cas, un traitement médicamenteux est nécessaire pour le fermer. Les prématurés sont aussi sous surveillance cardiaque continue grâce au scope.

- Immaturité digestive :

Le prématuré n’a pas toujours totalement le réflexe de succion et ses mécanismes de déglutition et de respiration ne sont pas coordonnés. On ne peut donc pas lui proposer de téter directement avant 34 SA. En attendant, l’alimentation se fait à l’aide d’une sonde introduite dans le tube digestif via la bouche (par voie entérale).

Les premières quantités sont minimes afin de surveiller l'adaptation de son système digestif. L'alimentation est donc assurée principalement au début par une perfusion centrale qui assure les besoins nutritionnels en parallèle.

Le choix du lait dépend de l’âge gestationnel et il existe un lait spécifique adapté aux prématurés. Cependant, le lait maternel est vivement recommandé, qu’il provienne de la mère ou du lactarium (banque de lait de femme). Il peut être enrichi.

L’immaturité digestive peut se compliquer d’une maladie rare, mais parfois mortelle et mal connue : l’entérocolite ulcéro-nécrosante (2% des cas). C'est une inflammation des tissus de l'appareil digestif. Elle entraine une destruction des intestins avec risque de septicémie.

- Autres immaturités :

En raison d’une immaturité hépatique, les prématurés ont le plus souvent un ictère (jaunisse) qui débute vers le 2 ou 3e jour de vie et dure quelques jours. L’ictère est traité par photothérapie.

Les reins sont également immatures, ce qui nécessite de contrôler régulièrement le volume et le contenu des urines, pour adapter les besoins du nouveau-né en nutriments.

On observe également, une immaturité de la régulation glycémique nécessitant des contrôles de glycémie réguliers pour adapter un apport de sucre ou au contraire d'insuline.

Il existe enfin une immaturité du système immunitaire qui peut entrainer des infections graves.

Les plus grandes précautions d'hygiène doivent donc être respectées lors de sa prise en charge.

  • Les séquelles :

Plus la prématurité est précoce, plus le risque de séquelles est élevé (surtout en-dessous de 28 SA) mais il n'existe pas de "petite" prématurité et chaque enfant nécessite une prise en charge et un suivi individuel et personnalisé.

Ce suivi est nécessaire de préférence jusqu'à l'apprentissage de la lecture et la rentrée en CP.

De nombreux professionnels se mobilisent pour accompagner les suites de l'hospitalisation (réseaux périnatalité départementaux, médecins pilotes pour le suivi individuel, centre de Protection Maternel et Infantile, Centre d'Action Médical Social Précoce, kinés, orthophonistes, psychomotriciens, psychologues... en libéral)

  • Les décès :

Ils représentent :

- 1 à 2% chez les 32-34 SA

- 5 à 10 % chez les 28-31 SA

- plus de 10% chez les moins de 28 SA

 

POUR ALLER PLUS LOIN

De nombreux sites ou associations existent pour vous informer plus en détail

SOS préma : association de soutien pour les parents d'enfants nés prématurément ou hospitalisés.

La Société Française de Néonatologie (SFN) : association des professionnels de la médecine néonatale.

La Société Française de Médecine Périnatale (SFMP)

Association Des Lactariums de France (ADLF) : Son but est de promouvoir l’allaitement maternel, d’améliorer les conditions de collecte et de distribution ainsi que la qualité du lait humain en France.

Association Nationale des Equipes Contribuant à l'Action Médico Sociale Précoce (ANECAMSP) : fédère des CAMSP et des organismes concernés pour faire évoluer la prise en charge précoce des enfants présentant ou susceptibles de présenter un déficit intellectuel, moteur, sensoriel, cognitif ou psychique.

Association NIDCAP France :

NIDCAP = Neonatal Individualized Developmental Care and Assessment Program = Programme Néonatal Individualisé d'Évaluation et de Soins de Développement

Le NIDCA est l'ensemble des stratégies environnementales et comportementales mise en place afin de favoriser le développement harmonieux du nouveau-né à terme ou prématuré lors de son hospitalisation.

Périnat France

 

LEXIQUE

Mieux comprendre les différentes abréviations

SA : Semaines d'Aménorrhées

Nombre de semaines depuis la date des dernières règles. C'est la façon médicale de compter l'évolution de la grossesse. Elle compte 2 semaines de plus que les semaines de grossesse.

RCIU : Retard de Croissance In Utéro

Lorsque le fœtus ne grandit et ne grossit pas autant qu'il devrait par rapport à son terme

Pré-éclampsie :

La pré-éclampsie est une maladie fréquente de la grossesse, associée à une hypertension artérielle et à l’apparition de protéines dans les urines. Elle est responsable d'1/3 des naissances des grands prématurés et concerne environ 40 000 femmes.

Eclampsie :

Il s'agit de la complication de la pré-éclampsie et elle se manifeste par des convulsions chez la mère en raison d’une souffrance cérébrale. Elle peut aussi entraîner des troubles hépatiques, une destruction des globules rouges et des plaquettes sanguines. C'est une urgence extrême pour la mère et l'enfant.

Hématome rétro-placentaire (HRP) :

Il s'agit du décollement prématuré du placenta normalement inséré (DPPNI) partiel ou total. C'est une des causes importantes d'hémorragie de la deuxième moitié de la grossesse.

Placenta prævia :

Le placenta prævia est l'implantation du placenta sur ou à proximité de l'orifice interne du col. Typiquement il se traduit par des pertes de sang rouge vif indolores après 20 semaines d'aménorrhée. Nécessite le plus souvent un accouchement par césarienne.

Rupture prématurée des membranes (RPM) : 

Il s'agit de la rupture et de l'ouverture avant la mise en travail du sac gestationnel contenant le fœtus et le liquide amniotique.

Bradycardie :

Ralentissement du rythme cardiaque.

Saturation :

Pourcentage d'oxygène dans le sang.

Elle doit  se situer entre 95 et 100% et permet d'adapter les apports d'oxygène en cas de ventilation.

Alimentation entérale :

Alimentation réalisée à l'aide d'une sonde gastrique introduite par la bouche ou le nez et qui va jusque dans l'estomac de l'enfant pour lui apporter le lait.

Alimentation parentérale :

Alimentation réalisée par voie veineuse à l'aide d'un cathéter central qui achemine la nutrition directement dans le sang du bébé en attendant ou en complément d'une alimentation entérale.

Elle est composée de protéines, vitamines, minéraux, sucre, gras, électrolytes et eau.

SIT : Sonde Intubation Trachéale

Sonde introduite le plus souvent par le nez qui va dans les poumons au niveau de la trachée.

EEG : Electro-EncéphaloGramme

Enregistrement de l’activité électrique du cerveau réalisé à l’aide d’électrodes collées sur le cuir chevelu. Cet examen permet d’apprécier et de suivre la maturation du cerveau et de détecter d’éventuelles anomalies.

ECG : Electro-CardioGramme

Permet d'enregistrer le rythme cardiaque grâce à des électrodes collées  sur la poitrine et de déceller d'éventuelles anomalies.

ETF : Echographie Trans Fontanellaire

Echographie du cerveau qui peut être réalisé chez le nouveau-né au niveau de la fontanelle. Cet examen permet de dépister d’éventuelles complications cérébrales liées à la prématurité. Il est systématiquement réalisé chez tous les prématurés et répété au cours de l’hospitalisation.

Bilirubine :

Molécule responsable de l'ictère (jaunisse) que l'on traite sous lumière bleue spécifique (photothérapie)